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lundi 14 décembre 2020

Les policiers français, pris en étau entre bureaucratie kafkaïenne et procédure pénale de plus en plus lourde.

"C'est une manière pour la hiérarchie de se couvrir en permanence…"

La garde à vue commence par une interpellation.
Dans l'heure qui suit, le policier doit prévenir le procureur, appeler l'avocat si son client le désire et rédiger le PV de notification de mise en garde à vue.
Un simple PV compte 4 pages tant les mentions de droits sont nombreuses.

Quand un gardé à vue ne parle pas français, même si un policier est bilingue, il n'a pas le droit de traduire. Il faut un interprète assermenté. Alors que le policier est aussi un fonctionnaire assermenté. Et qu'ils font toutes les auditions en français, donc pourquoi les soupçonne-t-on juste dans le cas de la traduction ?

Il faut ensuite demander au gardé à vue s'il veut voir un médecin, un interprète, manger, appeler un proche… et organiser le tout en fonction des disponibilités de chacun (😥), des heures de travail et de l'arrivée de l'avocat. Chaque acte doit être écrit, daté et glissé dans le dossier.

La première garde à vue ne dure que 24h. Donc, si tu as besoin de la prolonger, il faut appeler le procureur (injoignable après 19h).

L'argent éventuellement saisi au cours d'une enquête, et qui est destiné à la Caisse des dépôts et consignations : il y a quelques années, ils l'apportaient au dépôt, ils recomptaient ensemble et basta.
Aujourd'hui, il faut rapporter l'argent avec un bordereau de scellés dûment rempli qu'il faut faire signer au magistrat. Il faut ensuite se rendre au bureau de scellés qui met un autre coup de tampon. Détailler la somme sur un tableau Excel avec le détail de la somme par billets, pièces. Et prendre un RV une semaine à l'avance à la Caisse de dépôts, retourner au tribunal pour faire le compte et déposer l'argent.

Autre exemple : l'utilisation du lanceur de balle de défense (LBD) est désormais conditionnée à la présence d'un observateur, avec rapport écrit présenté à l'inspection générale de la police nationale (IGPN) APRÈS CHAQUE TIR. 😬 15 tirs, 15 rapports.

vendredi 13 mars 2020

La police dans la "polis"

En 1667, l'édit de Saint-Germain, œuvre de Colbert, est l'acte fondateur du pouvoir policier.
Le lieutenant général de police va jouer un rôle de premier plan. 

Le développement urbain a engendré de nouveaux problèmes liés à l'insalubrité des rues, à l'approvisionnement des habitants et à la sécurité des personnes et des biens. 
La police est un nouveau mode de gouvernement des villes (politeia : règlement de la cité)

La Reynie entreprend de nettoyer Paris (taxe sur les boues), l’éclairer (une multitude de lanternes vont en faire la “Ville lumière”), s'attaquer au crime…
Il fait encercler par une compagnie de militaires la cour des Miracles, qui réunit plus de 30 000 marginaux entassés dans des abris de fortune. Il se présente avec un porte-voix et prie les occupants de déguerpir. Il ne leur sera fait aucun mal. Seuls les 12 derniers seront, dit-il, arrêtés et pendus. Fuite générale, les paralytiques retrouvent leurs jambes. Personne ne sera pendu ; une fois évacuée, la cour des Miracles est rasée.

C'est au XVIIIe siècle, à l'époque des Lumières, que la police prend une importance grandissante en France.

Sartine (de 1759 à 1774) crée les bains publics, une station d'épuration des eaux de la Seine, invente les lanternes à réverbère, tout en déjouant les intrigues de la cour et l'opposition du parlement de Paris, grâce à son réseau de renseignements.
Marie-Thérèse d'Autriche lui envoie un questionnaire sur le fonctionnement de la police parisienne. Catherine de Russie lui fait demander la collection de ses règlements. Les capitales européennes envient la police de Paris.