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dimanche 11 janvier 2026

"L'évangélisme sioniste : la prophétie au service d'Israël"

"(…) Parmi les figures marquantes du sionisme chrétien, le pasteur anglican William Hechler (1845-1931), aumônier de l'ambassade britannique à Vienne, occupe une place singulière. Convaincu que la restauration d'Israël accomplira les prophéties d'Ézéchiel et d'Isaïe, il devient l'un des tout premiers soutiens de Theodor Herzl (1860-1904), figure clef du sionisme politique juif. Hechler lui ouvre les portes des milieux de pouvoir et de diplomatie en Europe (…)

Cette imprégnation théologique contribue à l'élaboration d'une culture politique britannique favorable à la création d'un foyer juif en Palestine. La Déclaration Balfour de 1917, qui soutient officiellement l'établissement d'un tel foyer, s'inscrit dans cet imaginaire prophétique : pour de nombreux responsables chrétiens britanniques, il s'agit d'un acte stratégique, mais surtout d'un geste providentiel.


La plus emblématique est sans doute la International Christian Embassy Jeru-salem (ICEJ), fondée en 1980 à la suite de la résolution 478 de l'ONU, par laquelle la communauté internationale refuse de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Sa création vise précisément à affirmer la légitimité religieuse et politique de Jérusalem comme capitale d'Israël, dans la conviction qu'elle joue un rôle central dans l'accomplissement des prophéties bibliques. Installée au cœur de la ville, elle se veut une « ambassade chrétienne» représentant des millions d'évangéliques à travers le monde. LICEJ organise chaque année la Fête des Tabernacles chrétienne, rassemblant des milliers de pèlerins de plus de 90 pays qui viennent exprimer leur soutien à Israël dans une atmosphère de célébration biblique.

Autre pilier du mouvement, Christians United for Israel (CUFD), fondé en 1975 et actualisé en 2006 par le pasteur texan John Hagee, il revendique aujourd'hui plus de dix millions de membres. C'est le plus important lobby chrétien pro-israélien du monde (…)


De même, la chaîne de télévision God TV, les maisons d'édition prophétiques et les Megachurches du Sud des États-Unis diffusent quotidiennement un message d'alliance spirituelle avec Israël, mobilisant des millions de croyants et des budgets considérables.


(…) la position du Conseil œcuménique des Églises qui a explicitement dénoncé, dès 2006, le sionisme chrétien comme une lecture contraire à l'esprit de l'Évangile, incompatible avec la foi de l'Église."

(Extraits d'un article d'Antoine Fleyfel, in Bulletin de l'Œuvre d'Orient, nov.-déc 2025)

mardi 21 octobre 2025

Hamas, la trajectoire d'un acteur en rupture

Le Hamas s'inscrit dans la continuité des Frères musulmans, fondés en Égypte en 1928 (…)

Cette attitude quiétiste, critiquée par les mouvements nationalistes, offre aux islamistes un enracinement social, notamment à Gaza où les Israéliens tolèrent et favorisent leurs réseaux caritatifs pour affaiblir l'OLP, d'obédience laïque ou marxiste (…)


En 1987, la première Intifada éclate, et un prédicateur de Gaza, Ahmed Yassine, franchit un seuil historique: il fonde le Mouvement de résistance islamique,

Hamas (ferveur, zèle). Cette naissance marque une rupture nette avec la stratégie attentiste des Frères musulmans (…)


En 1988, il publie sa charte fondatrice, un texte idéologique dense et sans ambiguïté. Le conflit israélo-palestinien y est défini comme une lutte religieuse existentielle, et non comme un simple conflit territorial. Israël y est perçu non seulement comme un occupant, mais aussi comme un projet sioniste global, que le Hamas promet de combattre jusqu'à sa disparition (…) un mouvement qui entend remplacer l'OLP comme représentant du peuple

palestinien, et fonder une société islamique intégrale (…)


Cependant, c'est avec les accords d'Oslo, signés en 1993 entre l'OLP et Israël, que la fracture devient irréversible. Alors que Yasser Arafat accepte la logique d'un compromis territorial et reconnaît l'État d'Israël, le Hamas opte pour l'escalade et rejette catégoriquement ce processus interprété comme une trahison, un abandon des droits historiques et religieux des Palestiniens. Les années 1994-1996 sont marquées par des attentats-suicides particulièrement meurtriers qui cherchent à saboter la dynamique d’Oslo (…) 

Le recul brutal du marxisme et des idéologies progressistes dans la région laisse un vide que l'islam politique investit (…)


L'échec des négociations entre Israéliens et Palestiniens culmine lors du sommet de Camp David Il en juillet 2000. Deux mois plus tard, la visite provocatrice d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées déclenche une seconde Intifada. À cette occasion, la lutte du Hamas s'organise davantage et devient systématique (…)


Alors que l'Autorité palestinienne perd en crédibilité, le Hamas gagne en popularité.

La mort de Yasser Arafat en 2004 accentue ce basculement (…) le Hamas (…) accepte de participer aux élections législatives de 2006 (…) il remporte les élections (…)


En juin 2007, la tension dégénère. Des affrontements éclatent entre le Fatah et e Hamas qui prend en quelques jours le contrôle total de Gaza (…) En réaction, Mahmoud Abbas dissout le gouvernement d'union et rétablit son autorité en Cisjordanie (…)


Le blocus israélo-égyptien, instauré en réaction à la victoire du Hamas, est d'une sévérité sans précédent. Israël contrôle l'espace aérien, les eaux territoriales et les points d'accès terrestres, tandis que l'Égypte, sous pression internationale, maintient fermé le passage de Rafah pendant de longues périodes. Les conséquences sont dramatiques : effondrement économique, chômage massif, pénurie chronique d'électricité, d'eau potable et de médicaments. La vie quotidienne devient une épreuve permanente, dans une enclave surpeuplée de plus de deux millions d'habitants.

Face à cette pression, le Hamas renforce sa branche militaire (…) Le cycle des conflits armés s'installe: « Plomb durci » (2008-2009), « Pilier de défense» (2012), « Bordure protectrice » (2014) et l'embrasement de 2021 (…) d’autres groupes armés, comme le Jihad islamique palestinien fondé en 1981, mènent également des tirs de roquettes (…) en 2017, une nouvelle charte est publiée adoucissant certains éléments idéologiques, notamment l'appel à la destruction d'Israël et les passages explicitement antisémites. La distinction entre le judaïsme et le sionisme y est affirmée (…) sans toutefois reconnaître Israël (…)


Cependant, à partir de 2017, un rapprochement progressif avec l'Iran s’amorce…


(Extraits d'un article d'Antoine Fleyfel, in Bulletin de l'Œuvre d'Orient, 2ème trimestre 2025)

mardi 1 septembre 2020

Les chrétiens en Israël

Combien de chrétiens palestiniens reste-il encore aujourd’hui à Jérusalem ? Les chiffres varient. 10 000… 12 000 ? 15 000 selon le ministère israélien de l’intérieur, dont 3000 détenteurs de la nationalité israélienne. 

Officiellement, Jérusalem compte 13 Eglises.

Depuis 1946, la communauté a perdu 50% de ses fidèles.

Ostracisés comme Palestiniens, peu d’opportunité d’emplois qualifiés s’offrent à eux dans les entreprises israéliennes. Les jeunes diplômés, parfaitement formés dans les écoles chrétiennes, émigrent pour trouver des emplois conformes à leurs formations.

(Luc Balbont, in Les Cahiers de L'Orient, 2è trimestre 2020)