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dimanche 9 juillet 2023

Sur les Frères musulmans

(…) La France fait figure de modèle d’incubateur pour la confrérie. La patrie de Voltaire a constitué l’une des premières terres de conquête des Frères musulmans. L’Union des organisations islamiques de France (UOIF), devenue Musulmans de France en 2017, y fait progresser son agenda depuis 1983. L’association a minutieusement tissé sa toile. Aujourd’hui, elle dispose de près de 30 centres culturels à travers l’Hexagone. Les mosquées de Lille-Sud (2 000 fidèles) et de Bordeaux (800) sont entre ses mains. Son congrès annuel, organisé au Bourget, rassemble des dizaines de milliers de personnes.

Les associations fréristes en herbe se multiplient. Les Hijabeuses d’Alliance citoyenne défendent le port du voile pendant les matchs de football, Étudiants musulmans de France (EMF) – anciennement Union islamique des étudiants de France (Uisef) – milite pour des repas de substitution à la cantine et des horaires séparés à la piscine… 

Après la France, reste à conquérir l’Europe. Longtemps proche de l’UOIF, Tariq Ramadan, habile rhéteur cathodique, a fait des ergotages de cabinets européens sa spécialité (…)l’auteur de Mon intime conviction l’a héritée de son grand-père Hassan el-Banna.

L’imam égyptien a fondé la confrérie en 1928, au Caire. Son objectif originel ? Imposer l’islam sunnite dans le monde pour contrer “l’emprise laïque occidentale”, en infiltrant les instances éducatives, culturelles, religieuses. La société doit être islamisée par le bas. Assassiné en 1949 par un extrémiste musulman, le père fondateur a cédé son magistère au charismatique Qatari d’origine égyptienne Youssef al-Qaradawi. Le “théoricien du frérisme”, surnom donné par les experts, présentateur star d’une émission religieuse suivie par des millions de fidèles sur Al Jazeera, s’est fait connaître par ses prêches antisémites et favorables aux terroristes. En 2009, il déclarait qu’ « Hitler est un envoyé d’Allah » qui a porté un « châtiment divin » aux juifs.

Jusqu’à sa mort en 2022, Qaradawi était considéré comme un dieu vivant par la confrérie. Notamment par Wadah Khanfar, ex-directeur général d’Al Jazeera, qui n’a jamais fait mystère de ses accointances avec le prédicateur islamiste. Aujourd’hui, l’homme d’affaires palestinien préside Al Sharq Forum, une association qui œuvre pour un « monde plus inclusif et juste ». Son organisation “philanthrope” a touché près de 100 000 euros de la Commission européenne entre mars 2021 et mai 2022. Une goutte d’eau pour la nébuleuse frériste, tentaculaire (…)

Une plongée dans le système de transparence financière de la Commission européenne révèle que, entre 2007 et 2020, plus de 52 millions d’euros de fonds publics ont été alloués directement ou indirectement à des associations liées à la galaxie des Frères musulmans. L’Enar (European Network Against Racism) truste la tête du classement (…) 

Dans les faits, la manne finance des campagnes du soft power pro-hijab. En 2021, dans le cadre de sa campagne de lutte contre les discriminations, le Conseil de l’Europe, avec la Commission européenne, fait, main dans la main avec l’association islamiste, la promotion du voile islamique, synonyme de « beauté » , de « liberté » et de « joie » (…)

À Bruxelles, le Femyso (Forum of European Muslim Youth and Student Organisations) a pris ses quartiers rue Archimède, à deux pas du parc du Cinquantenaire. L’organisation partage l’artère avec une kyrielle d’associations fréristes, comme le Collectif pour l’inclusion et contre l’islamophobie en Belgique (CIIB) ou le Forum européen des femmes musulmanes (EFOMW).


(extrait d’un article d’Edouard Lavollé, in Valeurs actuelles, 29/06/2023)


La stratégie que les Frères musulmans, fondés par Hassan el-Banna en Égypte en 1928, ont réussi à mettre en œuvre est la transformation de leur structure centrale et pyramidale en un système de réseaux, à l’image d’une pieuvre à bras multiples, autonomes et indépendants, pour survivre et résister à toute confrontation avec un État ou une alliance d’États dans tous les pays du monde (…)

L’Europe est ainsi devenue la terre d’accueil de la confrérie dans son nouveau plan pour l’avenir. Elle est le refuge incubateur des groupes et courants porteurs d’un projet de pénétration et de croissance sans frontières dans l’ensemble de la communauté européenne. La confrérie y est dirigée par Samir Falah, qui réside en Allemagne, et son guide spirituel est Rached Ghannouchi, actuellement emprisonné en Tunisie (…)

Malheureusement, cet esprit de résistance est presque absent de l’arène politique en Europe. J’ai le regret de vous assurer que si le projet des Frères musulmans continue son expansion, nous risquons d’assister, à moyen terme, à l’installation au pouvoir d’islamistes de la quatrième ou cinquième génération, dans plus d’un pays européen. Et cela pourrait commencer par la France. Peut-être serait-il utile d’écouter les leçons tirées par l’État musulman égyptien, qui fut la première cible et victime de la confrérie ? La seule solution est de la démanteler, révéler ses plans et tarir ses sources de financement. En résumé, lui déclarer une guerre totale pour stopper sa propagation.


(extrait d'un entretien avec Abdelrahim Ali, ancien député égyptien, spécialiste des mouvements islamistes et terroristes, fondateur du Centre des études du Moyen-Orient (Cemo) à Paris et auteur d'une vingtaine d’ouvrages, in Valeurs actuelles, 29/06/2023)

jeudi 10 septembre 2020

Les Frères musulmans et le totalitarisme islamiste

« L’islam va retourner en Europe comme un conquérant et un vainqueur (…) Cette fois-ci, je maintiens que la conquête ne se fera pas par l’épée, mais grâce au prosélytisme et à l’idéologie ».
(Youssef al-Qaradawi, ci-contre, cofondateur des grandes structures officielles des Frères en Europe, grand théologien et jurisconsulte de référence, mentor de Tariq Ramadan et téléprédicateur vedette d’Al-Jazira)

Dès 1928, l’objectif immédiat de Hassan al-Banna est de réislamiser les sociétés arabes par le contrôle de l’éducation. Leur leitmotiv : « le savoir, c’est le pouvoir. »

Partout où ils s’implantent,
1)   ils créent des écoles, des cliniques, des clubs sportifs, ils proposent des micro-crédits sans riba (intérêts) ;
2)   ils font de l’entrisme politique et syndical.

Après le 11 septembre, une perquisition au domicile de la banque des Frères musulmans à Lugano, par la police suisse, a révélé un texte, intitulé Le Projet. Objectif : constituer un réseau mondial décentralisé, en infiltrant tous les secteurs de la vie sociale et politique en Occident.

Chaque Frère doit créer sa propre cellule en recrutant des disciples.

En attendant, pour ne pas effrayer, il faut cultiver le secret, tenir un discours apaisant, pratiquer l’entrisme et la dissimulation.

Les indésirables sont éliminés par la manipulation ou, si besoin par l’assassinat. 
Al-Banna avait créé dès le début une « section spéciale » dont les membres prêtaient serment d’obéissance et de silence devant un coran et un revolver.
Leur devise : « La mort est un art. Le coran a ordonné d’aimer la mort plus que la vie. »

En 1936, les Ikhwan soutinrent tout d’abord la cause palestinienne et tissèrent dans ce contexte des liens avec les puissances de l’Axe et Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem. Celui-ci proche d’Al-Banna depuis la fin des années 1920, qui lui confie le secteur de la Palestine pour la confrérie, bénit les légions pronazies arabes et crée les divisions Waffen-SS Handzar (bosniaque) et Skanerberg (albanaise).
Condamné à mort pour crime de guerre par le tribunal de Nuremberg, le grand mufti est accueilli en héros en Egypte par les Frères. Depuis la banlieue du Caire, il confonde la Ligue arabe.

Le père de Tariq Ramadan, Saïd Ramadan, a fondé ses premières associations avec l’aide du banquier suisse de Hitler, François Genoud, puis avec l’argent du Pakistan et des monarchies du Golfe.

En Occident aujourd’hui, le Frères musulmans ont pignon sur rue.  Leurs projets associatifs bénéficient de subventions. Alors qu’ils appellent les musulmans à se désassimiler au nom d’un « droit à la différence » dévoyé.
Ils veulent diffuser leur vision totalitaire de l’islam sous couvert de respect de la religion.

En France, l’IESH a été créé en collaboration avec les monarchies du golfe, pour former les futurs imams européens à la lumière de la doctrine d’Al-Banna et du salafisme.

jeudi 16 avril 2020

Notes sur quelques pays arabes

Le Qatar 
Avait refusé en 1971 de participer à la création des Emirats Arabes Unis.
A diversifié son économie pour ne pas dépendre du voisin saoudien : finance internationale, football, tourisme de luxe.
A fait d’Al Jazeera le plus grand média arabophone.
A financé le Croissant Rouge, concurrençant ainsi l’humanitaire islamique saoudien.
A fait bon accueil aux Frères musulmans, gagnant en popularité auprès des Palestiniens et du Hamas, qu’il a subventionné.
En 2013, l’émir Tamim prend le pouvoir contre son père. Il accélère cette politique. 
Axe profrériste avec la Turquie.

L'Arabie Saoudite
Dans les années 60, l’Arabie Saoudite avait accordé refuge à des milliers de Frères musulmans persécutés par les régimes nationalistes du monde arabe. Elle les avait intégrés aux structures de l’Etat saoudien : universités, instituts religieux, mosquées, ministères. 
En 1990, quand le roi Fahd a fait appel aux Etats-Unis pour protéger le royaume contre l’Irak, les Frères musulmans se sont opposés frontalement à la famille royale. Une féroce répression cassa le mouvement en 1995. 
Une méfiance profonde s’installa entre les islamistes et le régime saoudien.
Si l’Iran ne peut l’emporter face à une vaste alliance militaire occidentale, l’Arabie Saoudite, avec 33 millions d’habitants ne peut vaincre 83 millions d’Iraniens éduqués et idéologisés.

Les Émirats Arabes Unis
L’un des premiers pays à avoir tiré le signal d’alarme sur les groupes islamistes et l’utilisation de la religion en politique. Ont adopté une attitude ferme vis-à-vis des Frères musulmans, qui appellent à un régime totalitaire. "Les pays européens et les Etats-Unis n’ont pas compris que les groupes politico-religieux sont encore pires que le terrorisme".

L'Irak
Un Irakien sur 5 vit sous le seuil de pauvreté. Alors que le pays est potentiellement riche.
Après Saddam Hussein, avec l’appauvrissement et la montée du fanatisme religieux chiite, la démographie a crû : 60% de la population a moins de 25 ans.
62% de la population active est fonctionnaire. Les places sont attribuées selon des critères confessionnels et partisans (aux chiites pro-iraniens).
Haine de l’Iran et rejet des Etats-Unis.

La Syrie
Les Russes y sont intervenus depuis 2015 à un coût (3 millions d’€/jour) quatre à cinq fois moindre que les Etats-Unis, en engageant 4 à 5000 hommes et une soixantaine d’aéronefs.
Parmi les 5 millions de Syriens qui ont quitté le pays, beaucoup envoient de l’aide qui ne parvient plus à destination du fait de la crise économique et financière que connaît le Liban, qui constituait un « hub » bancaire indispensable. Les avoirs présents au Liban (environ 50 milliards de $) sont gelés.