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vendredi 22 mai 2020

Jeanne d'Arc

Un jour la Pucelle a demandé au roi de lui faire un présent. Cette prière fut aussitôt agréée. Jeanne demanda le royaume de France. Etonné, le roi réfléchit un instant et fit le cadeau. Jeanne l'accepta et s'en fit faire, par les quatre secrétaires du roi, une charte dont il fut donné une lecture solennelle. Le roi en était un peu ébahi et Jeanne, en le montrant à l'assistance, tint ce propos : "Voilà le plus pauvre chevalier de son royaume !" Presque en même temps, par-devant les mêmes notaires, elle livra à Dieu Tout-Puissant le royaume de France qu'elle venait de recevoir en don. Puis, au bout d'un instant, obéissant à un ordre de Dieu, elle investit le roi Charle du royaume de France : et de tout cela, elle fit dresser un acte solennel.

1431 : morte sur le bûcher.

1456 : procès en réhabilitation qui la lave de toutes les accusations. Motifs essentiellement politiques : Charles VII ne peut tenir sa couronne d'une hérétique et d'une sorcière. Il a fallu que l'Eglise se déjuge. Cinq ans de tractations avec quatre papes, pour trouver un compromis entre roi et papauté.

1874 : ouverture d'un procès en canonisation.

1909 : béatification.

1920 : canonisée en mai par l'Eglise catholique, après la reconnaissance de deux guérisons miraculeuses ; fête du patriotisme instaurée le 10 juillet en son honneur.

1922 : proclamée par Pie XI "patronne secondaire de la France" (la Vierge Marie est la patronne principale).

vendredi 24 mai 2019

Jeanne d'Arc

"(…) La famille de Jeanne soutient le "roi de Bourges", le futur Charles VII. La situation militaire est en effet complexe : la guerre de Cent Ans fait rage, marquée par d'impressionnantes victoires anglaises (bataille d'Azincourt en 1415 et conquête de la Normandie en 1417-1419). Le roi anglais, Henri V, avait su jouer de la guerre que se livraient, au sein même du royaume de France, deux clans ennemis, les Armagnacs et les Bourguignons. Née d'une rivalité politique entre Louis Ier, duc d'Orléans, et Jean sans peur, duc de Bourgogne, la guerre civile avait débuté après le meurtre de Louis en 1407. Conséquence du cycle médiéval de la vengeance, Jean sans Peur fut à son tour assassiné en 1419 sur le mont de Montereau (…) Le geste poussait les Bourguignons dans le camp anglais (…)

Jeanne réussit à persuader Charles VII de se rendre à Reims pour être sacré, renforçant ainsi sa légitimité, liée non plus au seul sang, mais aussi à l'élection divine (…)

L'année des merveilles se termina brusquement le 8 septembre par l'échec devant Paris (…) Après les victoires obtenues, Charles VII disposait de nouvelles cartes pour négocier avec les Bourguignons une réconciliation qu'il appelait de ses vœux, négociations auxquelles Jeanne ne voulut jamais se résoudre.
Elle fit alors campagne dans le Nivernais, puis échoua en mai 1430 à libérer Compiègne dont les Bourguignons faisaient le siège. Prisonnière de Jean de Luxembourg, elle fut livrée aux Anglais qui choisirent Rouen comme lieu de détention et de jugement (…) Charles VII n'agit en rien pour la libérer. Il ne le pouvait par la force et n'entame aucune négociation au sujet d'une éventuelle rançon. Le but des Anglais était de la faire condamner.
Le procès de condamnation se déroula de janvier à mai 1431. C'est un procès pour hérésie mené devant un tribunal d'Eglise qui réunit - comme il est d'usage - un représentant de l'Inquisition et l'évêque du lieu, ici celui de Beauvais, Pierre Cauchon, diocèse dans lequel Jeanne avait été capturée. Jugée hérésie, elle n'eut pas d'avocat. Les deux principaux chefs d'accusation étaient le port de vêtements d'homme et les voix (…)

Mais Charles VII ne pouvait tenir son trône d'une hérétique, voire d'une sorcière. Aussitôt la capitale normande reconquise (en 1449), le roi décida l'ouverture d'un nouveau procès inquisitoire, en nullité. Il ne s'agissait pas de faire canoniser Jeanne - elle ne le sera qu'en 1920 - mais de prouver l'irrégularité du premier procès."

(Mureille Gaude-Ferragu, in "Jeanne d'Arc", Glénat-Fayard)