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lundi 18 novembre 2019

"Mariage des prêtres : les raisons d'une obsession"


"(…) Réponse à la crise de la pédophilie ? Mais l'immense majorité des crimes pédophiles dans le monde est commise dans le cadre de la famille… Congé enfin donné à l'impossible exigence de la chasteté, tellement inhumaine que de nombreux prêtres ne s'y soumettraient pas ? Mais pourquoi ceux qui ne sont pas fidèles à cette promesse faite le jour de leur ordination ne s'autoriseraient-ils pas, demain, à être infidèles à leur épouse ? Quel que soit le niveau d'engagement demandé, il y aura toujours des hommes pour ne pas s'y tenir (à ce compte, on devrait demander aux époux de cesser de se jurer fidélité, tant il y en a qui ne s'y tiennent pas), et il est probable que le mariage des prêtres, sitôt installé, serait suivi d'une nouvelle revendication : leur accorder le divorce… 

(…) Fausse réponse à un vrai problème - la crise des vocations -, le mariage des prêtres (…)

Il n'en reste pas moins que, au moins dans l'imaginaire occidental, le célibat est assimilé à la prêtrise : choisi et non subi, c'est ce qui distingue le prêtre du reste des hommes, c'est ce qui impressionne ou qui scandalise. C'est ce qui fait de lui, littéralement, un homme à part, un point d'interrogation vivant qui est la meilleure porte d'entrée à l'évangélisation (…)

Et pas seulement parce que, pour une société hypersexuée, et qui a fait de la sexualité débridée, non seulement une chose banale, mais un bien de consommation comme un autre, la valorisation de la chasteté est un intolérable scandale auquel il est urgent de mettre un terme.

En réalité, le célibat imposé aux prêtres dans l'Église latine n'est pas une question d'efficacité et de disponibilité - même si ces aspects ont aussi leur importance. Le célibat, c'est pour le prêtre le signe et la mise en œuvre à la fois de la radicalité de son engagement au service du Christ et des hommes (…)

Pour l'imitation de Jésus, pour le service de l'homme, le prêtre renonce au mariage comme à la fécondité physique, et ne veut connaître que l'union mystique et la paternité spirituelle.

Si la forme radicale de chasteté que la vocation sacerdotale implique est au-delà de ce qui semble naturel à un homme, c'est le signe que le prêtre n'est pas un homme qui compte sur ses propres forces pour atteindre un but humain qu'il s'est fixé, mais bien un envoyé de Dieu, qui répond avec confiance à l'appel de Celui-ci et sait en retour qu'il peut compter sur sa grâce, pour peu qu'il y soit lui-même fidèle, pour aller au-delà de ses propres forces afin de collaborer à l'œuvre de Dieu. C'est, en définitive, le signe et la marque du caractère proprement surnaturel de sa mission.

Or c'est justement ce caractère surnaturel qui est odieux à tous ceux qui ne supportent pas la prétention de l'Église catholique à la transcendance et voudraient en faire une ONG parmi d'autres (…)"

(Extrait d'un article de Laurent Dandrieu, in Valeurs actuelles 7/11/2019)

lundi 15 avril 2019

Célibat des prêtres

"Historiquement, la question du statut marital des prêtres a été abordée dès le début du IVè siècle, lors du concile d'Elvire en Espagne en 305. On ordonnait alors des hommes mariés à la prêtrise et à l'épiscopat mais les prêtres mariés et leurs femmes étaient tenus de respecter la règle de la continence, c'est-à-dire l'absence de relations conjugales. En pratique, pour ne pas succomber à la tentation beaucoup se séparaient, et les épouses partaient dans des couvents et des lieux reculés. Mais, dans bien des cas, après l'ordination des enfants naissaient : le prêtre était alors démis de ses fonctions et la femme était bannie.

Au fil des siècles, on comptait alors de nombreuses dynasties sacerdotales et le pouvoir religieux et féodal était tellement imbriqué que l'Eglise ordonnait des hommes mariés simplement parce qu'ils étaient riches et puissants.

Ce n'est qu'au XIè siècle que le pape Grégoire VII réforma la situation et mit fin au trafic des charges ecclésiastiques au profit des familles de prêtres. Il imposa alors le célibat, calquant ainsi le mode de vie des prêtres sur celui des moines.

Ce modèle de prêtre est renforcé au moment du concile de Trente (1545-1563), à la suite de la réforme protestante. Les réformateurs considèrent alors que le célibat est une règle "contre nature qui mène à des déviances." (…)

Toutefois en vingt ans, Jean Paul II dispensera de célibat environ 220 candidats au sacerdoce, le plus souvent pères de famille, anciens pasteurs protestants ou anglicans."

(extrait d'un article de Sophie Mattei in Vocations, janvier-mars 2019)