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lundi 15 juin 2026

George Sand, morte il y a 50 ans

"(…) En 1822, c’est pour fuir sa mère qu’à 18 ans à peine elle épouse Casimir Dudevant, de neuf ans son aîné, fils naturel légitimé d’un baron militaire de Napoléon. Le ménage s’installe à Nohant, où Dudevant rêve d’agriculture modèle, deux enfants leur naissent, ils voyagent. Toutefois l'incompatibilité des tempéraments, sinon des caractères, ne tarde pas à se révéler : « (…) La petite écuyère qu'il avait épousée était devenue l'auteur excentrique d’Indiana ; tous les jours, on lui apprenait une de ses frasques nouvelles : elle s'habillait en homme et fumait ; elle vivait dans un milieu de républicains comme Félix Pyat, de pianistes comme Liszt, de prêtres comme Lamennais. Elle partait avec Alfred de Musset pour l'Italie [..] puis elle s'en revenait tranquillement à Nohant, où elle trouvait son mari faisant sa moisson. Elle se couchait quand il se levait, rentrait après minuit... » La séparation est prononcée en 1836 ; des procès s'ensuivront, jusqu'à la mort du baron Dudevant, en 1871 et l'on retrouvera lors du pillage des Tuileries la lettre qu'il avait envoyée à Napoléon III pour solliciter la Légion d'honneur, eu égard aux « malheurs domestiques qui appartiennent à l'histoire » qui « l'avaient cruellement éprouvé dans ses affections d'époux et de père ». Être décoré pour cocuage est un motif que Napoléon n'avait certes pas imaginé (…)

L'un de ses premiers faibles, Jules Sandeau, de sept ans son cadet, laissera à Aurore devenue George la moitié de son nom pour signer leur roman commun, Rose & Blanche ou la Comédienne & la Religieuse (1831); une moitié de nom, Sand, dont elle se fera un nom de plume, devenu ensuite son nom d'état civil (…)


(…) c’est par l"affaire Fanchette" que, en 1843, elle se jette dans la mêlée. L'histoire de ce «"J'accuse" villageois », comme l'appelle M. Roger, est à peine croyable: une simplette, trouvée dans les champs (…) est abandonnée la nuit sur la grand-route par l'hospice de La Châtre qui veut s'en débarrasser, et les autorités administratives et judiciaires de couvrir et de vouloir étouffer ce que George Sand appelle un « innocenticide ». Elle se fait polémiste pour interpeller le procureur du roi et dénoncer le pharisaïsme provincial. Cinq ans plus tard, la révolution de février 1848 la mobilise au service de la République, qui pour elle est l'idéal réalisé de cette fraternité qu'elle définit comme « la santé de l'âme » ; elle se proclame « communiste » — le mot n'est pas encore d'usage courant -«car le communisme, c'est le vrai christianisme » (…)


En octobre 1871, après l’expérience supplémentaire de la Commune, elle écrit à Flaubert : «J'ai traversé des révolutions et j'ai vu de près les principaux acteurs, j'ai vu le fond de leur âme, je devrais dire tout bonnement le fond de leur sac: "Pas de principes !"» (…)


En tout, quatre-vingts romans, sans compter les nouvelles, une vingtaine de pièces de théâtre (souvent tirées de ses romans) et autant d’essais…"


(extrait d'un article de Philippe Barthelet in Valeurs Actuelles, 3/06/2026)



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